Diu quin avem sofèrt entre ce déplacement à Deflandre et ces dernières 75 minutes à claquer des dents... Dans ces tunnels d'inefficacité, beaucoup d'impressions de déjà-vu qui te ramènent deux ou trois saisons en arrière, quand on jouait la 10e place... J'ai pesté comme un beau diable devant mon écran jusqu'à la 65e, où on a une mêlée dans nos 35m, situation de jeu qui nous a déjà permis de marquer par le passé (je me souviens entre autres contre Vannes l'an dernier). J'annonce : "Si on ne marque pas sur ce lancement, j'arrête de regarder ce supplice." Et là, Jack s'empare de la gonfle pour balancer un AMOUR de coup de savate direct en touche (son 8e mauvais choix de la soirée, au bas mot)...

Rideau, fin de la retransmission pour moi ! Jusqu'à ce que je reçoive un premier message de victoire, que j'ai dû relire trois fois pour être sûr ! Et j'ai revisionné la fin de match avec des yeux ahuris...
Rarement vu Piqueronies aussi froid en conférence de presse, ce qui me soulage un peu : on n'est pas les seuls à s'agacer ! (Et visiblement nos colères ne sont pas seulement des caprices de supporters névrosés, éternels insatisfaits, puisqu'elles sont partagées au plus haut niveau du staff.)
Devant ce résultat incroyable, je salue ce qui est un véritable EXPLOIT ou au moins une anomalie statistique : quiconque a l'habitude de regarder le Top14 sait qu'une équipe qui gâche ses occasions en zone de marque comme on l'a fait en première mi-temps peut dire adieu à la victoire 9 fois sur 10. Je crois que les Racingmen pensaient vraiment avoir fait le plus dur à la pause (à en juger par le sourire de Baudonne en interview), et encore plus en ayant marqué les premiers en 2nde période. On a pourtant réussi à renverser la vapeur avec beaucoup de sang-froid. Prendre les 3 points à 10-17, c'était burné — chapeau pour un tel choix.
Cette leçon de patience en plein money-time illustre justement ce qui nous a manqué durant le premier acte. Y en a marre qu'on se jette pour franchir la ligne au milieu de 3 défenseurs bodybuildés, alors qu'on sait qu'ils n'attendent qu'une occasion de nous retourner dans l'en-but ! Quand on domine physiquement, il faut en profiter pour être plus malins et consommer les défenseurs jusqu'à ce que s'ouvre un espace, comme pour l'essai de Whitelock, qui se retrouve dans un fauteuil à jouer son duel contre un petit 9 au pied du poteau !
Crédoz en conférence de presse d'avant-match m'avait paru présomptueux : "Nous aussi on a un pack monstrueux, et on veut le montrer !" Je n'y croyais pas vraiment, vu les différences de gabarit sur certains postes ; eh bien si, on les a tordus devant. Hommage à nos gros.
D'où la question de ce qui nous fait déjouer derrière — ballons hauts, jeu au pied, placements hasardeux... Beaucoup disent "la fatigue, les aller-retour à Marcoussis, et vivement ces vacances qui vont nous permettre de nous retrouver !" Je n'en suis pas si sûr. Bien sûr, il y a le cas d'Attissogbé — et là j'aimerais bien les explications du staff, car je n'ai pas compris qu'on l'aligne deux fois titulaire alors qu'il a joué tout le tournoi et qu'on a Grandidier et Luc à disposition... Peut-être de la fatigue aussi pour Axel, qui a dû dépanner hier au dernier moment. Mais a contrario, Auradou est flamboyant (déjà à La Rochelle), Laclayat a fait une bonne entrée. Donc certains "internationaux" s'en sortent bien, surtout parmi les gros qui semblent en pleine forme.
Alors, est-ce seulement un besoin de vacances, ou au contraire ce rythme haché depuis plusieurs mois qui fait qu'on ne peut pas enchaîner, qu'on manque de sensations, qu'on perd notre fond de jeu ? Alors qu'on avait bien attaqué les retours de congés en début d'année (victoires importantes à Castres en J1, puis à Bordeaux en novembre), on a foiré nos trois matchs de reprises en 2026 (Toulouse, Perpignan, LR). Est-ce qu'on saura corriger le tir pour mieux gérer cette parenthèse et l'emporter à Bayonne ? N'est-ce pas qu'on est meilleurs quand on enchaîne les matchs que quand on relâche la pression et que certains de nos joueurs se déconcentrent ?
Enfin, pour l'arbitrage, le dernier essai me paraît bien jugé, en revanche ce qui m'a navré le plus est le manque d'appel vidéo pour vérifier la charge de Diallo sur Isa. Nuchy parle du bras qui remonte, mais il ne voit pas le ralenti qui montre que le bleu heurte le vert de l'épaule en pleine tête avant de le finir par une cravate ! Ça aurait pu valoir carton rouge, et l'arbitre vidéo ne dit rien...
Aqueth praube Facu, ça fait deux fois en deux matchs qu'il se fait allumer gratuitement ou presque, après le jaune+citation de Le Garrec. Juste parce que le mec est solide, on peut lui cibler le
cabelh sans avoir de comptes à rendre. C'est inquiétant.
Bref, on s'est gardé le droit de rêver, et d'agiter quelques Rameaux verts d'espérance

"Je connais un type qui est tellement con qu'il ne comprend même pas ce qu'il pense." (Philippe Geluck)