C'est un peu bizarre cette saison.
On fait notre meilleure saison en Top 14, mais parallèlement à ça... je n'ai jamais eu l'impression, ou presque, que nous étions à notre meilleur niveau individuel et collectif.
Notre meilleur niveau collectif ? À Bayonne peut-être... vraiment un match plein. Une ou deux partitions à domicile en début de saison également.
Mais pourquoi... pourquoi cette sensation que finalement... on en a sous le pied ?
J'ai une question... J'aimerais, si vous avez des éléments de réponse, savoir ce que vous en pensez.
Est-ce qu'on a joué ce match dans l'économie ? Celle dont je parlais sur le message au-dessus.
Est-ce qu'on l'a joué comme la 27e journée de Top 14 ou comme un barrage à la vie à la mort ?
Est-ce qu'on a joué ce match en croyant que ce plan de jeu était le meilleur contre le Racing, puis en demi contre Toulouse pour se hisser jusqu'au Bouclier ?
Est-ce qu'on a vraiment tout misé sur les airs ?
Notre point fort, oui. Un point fort parce qu'on a des atouts pour faire tourner le jeu de hasard en notre faveur.
Parce qu'on parle bien de ça... d'un jeu de pile ou face quand même, non ?
Le mètre 30 de Spring nous a contrés dans ce secteur en remettant au goût du jour quelque chose d'oublié... qu'on apprend dans presque toutes les écoles de rugby : quand tu sautes, tu te tournes. Tu présentes le dos. Face à un dos, les bras de l'athlète Grandidier se transforment en spaghetti.
Je ne peux pas croire que quelqu'un d'aussi clairvoyant que Piqueronies se soit fourvoyé en croyant que ce rugby allait nous faire triompher jusqu'au bout.
Les matchs de phase finale se gagnent devant. C'est ce qui débloque nos fusées.
On n'a pas perdu le match devant.
On n'a pas joué devant.
Le rugby, ce ne sont pas les chandelles.
Celui qui gagne, c'est celui qui marque des points.
On ne marque pas des points en défendant ou en se séparant du ballon au pied.
Ce n'est pas le rugby qui gagne, ce n'est pas celui qui punit, qui récompense. Ce n'est pas non plus celui qui est beau à voir, pardonnez-moi.
Je préfère une victoire avec deux essais de pick and go que voir le ciel arrosé de chandelles.
Je me suis posé la question avant le match : à quand remontent nos vrais matchs de rugby, pleins ?
J'avais répondu Bayonne... et quelques matchs en début de saison.
Mais j'en oubliais un autre.
CELUI CONTRE LE STADE TOULOUSAIN CHEZ EUX.
Oui, paradoxalement. Ce n'est pas parce qu'on en a pris 40 qu'on ne se rapprochait pas de la perfection.
On était dans le vrai ce jour-là.
On était dans ce que je veux voir de cette équipe.
Ce que je vois ce soir me prouve que si on avait tout joué, tenu sur des temps de jeu longs, très longs... le rugby à l'irlandaise... à taper sur un mur, quitte à être stérile...
Peut-être qu'on n'aurait pas été aussi létaux que Toulouse ce soir.
Mais à la 60e minute, ce Racing aurait implosé.
On a renforcé notre équipe du jour en faisant un match hacher.
Je suis content qu'on ait perdu contre le Racing pour que le staff se pose les bonnes questions.
Pour qu'on évite de croire que notre salut passera encore l'an prochain par les airs.
Notre réussite dans ce secteur est un écran de fumée.
Mais notre défaite n'est pas due uniquement au plan de jeu.
Elle a des causes plurielles et résulte des faiblesses identifiées.
Les fautes...
Whitelock, presque coutumier du fait, en fait deux.
Deux énormes.
Deux de trop.
On s'attendait à ce que ce soient les Fidjiens qui les fassent, qui prennent les cartons jaunes comme ce soir.
C'est nous qui aurions dû le prendre ... une gentillesse de l'arbitre au passage... avec Kaulashvili qui ne se baisse pas sur un plaquage à l'heure de jeu.
Heure de trop, car il doit être un remplaçant.
Le jour où ce sera le cas, on sera champions de France.
La deuxième preuve qui atteste que la défaite appartient aussi un peu à la suffisance, au-delà d'avoir créé le match pour gagner, c'est le fait d'avoir économisé un joueur qui est l'un des plus importants pour nous sur cette fin de saison.
Comment un joueur comme Thomas Jolmes a-t-il pu rentrer pour les dix dernières minutes seulement ?
Je pense que le staff voulait le titulariser contre Toulouse.
Peut-être ne fallait-il pas anticiper...